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Affaires juridiques

Comment créer une entreprise en Inde : guide étape par étape pour les entreprises européennes

Un guide étape par étape pour les entreprises européennes

L’Inde est l’une des économies majeures affichant la croissance la plus rapide au monde et représente un marché stratégique pour de nombreuses entreprises européennes. Cependant, la constitution d’une société en Inde implique des exigences juridiques, réglementaires et de conformité spécifiques, qui diffèrent sensiblement de celles des juridictions européennes.

Ce guide vous accompagne étape par étape dans le processus de constitution d’une société en Inde, en mettant en lumière les décisions clés, les exigences légales et les considérations pratiques pour les investisseurs étrangers.

Étape 1 : choisir la structure de l’entreprise

La plupart des entreprises européennes qui s’implantent en Inde optent pour la constitution d’une Private Limited Company, car cette structure permet une détention étrangère à 100 % dans la plupart des secteurs, offre une responsabilité limitée aux actionnaires, et est largement acceptée par les banques, les clients et les autorités de régulation.

Une Private Limited Company en Inde requiert :

  • Un minimum de deux actionnaires ;
  • Un minimum de deux administrateurs ;
  • Au moins un administrateur résident (voir Étape 5).

Étape 2 : réserver le nom de l’entreprise

Qu’est-ce que la réservation de nom ?

La réservation de nom est le processus qui consiste à sécuriser un nom unique pour votre société indienne avant sa constitution. Une fois approuvé, aucune autre entité ne peut utiliser le même nom, ni un nom trompeusement similaire, pendant la période de réservation.

Principales directives pour le choix d’un nom d’entreprise

Le nom proposé doit :

  • Être unique et ne pas être identique ou prêter à confusion avec une entreprise existante ;
  • Ne pas enfreindre de marques déposées ;
  • Éviter les termes réglementés ou restreints (tels que « National », « Bank » ou « Trust ») sauf autorisation gouvernementale spécifique ;
  • Refléter la nature de l’activité exercée en Inde.

Utiliser un nom déposé comme marque

Un nom déposé comme marque ne peut être utilisé que si la société candidate est propriétaire de la marque, ou si un accord écrit est obtenu de la part du titulaire de la marque (généralement via une résolution du conseil d’administration). Les documents justificatifs correspondants doivent être joints à la demande de réservation de nom.

Étape 3 : établir une adresse de siège social

Pour constituer une société en Inde, vous devez fournir une adresse de siège social enregistré.
Points clés à retenir :

  • L’adresse doit correspondre à un lieu physique situé en Inde ;
  • Il doit s’agir d’un lieu où l’activité commerciale est autorisée ;
  • La société doit être en mesure de recevoir la correspondance officielle des autorités gouvernementales.

Cette adresse devient l’adresse officielle de la société pour toutes les communications statutaires et réglementaires.

Étape 4 : déterminer la structure du capital social

Types de capital social

Le droit indien des sociétés reconnaît plusieurs formes de capital social, notamment :

  • Capital social autorisé
    Le capital maximal que la société est autorisée à émettre.
  • Capital social émis
    La part du capital autorisé effectivement émise aux actionnaires.
  • Capital social souscrit
    La part du capital émis que les actionnaires se sont engagés à acquérir.
  • Capital social libéré
    Le montant effectivement versé par les actionnaires pour les actions souscrites.

Exigence de capital social minimum

Le droit indien ne fixe aucun capital social minimum obligatoire.
Une société peut être constituée avec un capital libéré très faible, pouvant descendre jusqu’à 20 ₹, bien qu’un capital plus élevé soit souvent recommandé pour des raisons opérationnelles et bancaires.

Étape 5 : nommer les administrateurs et les actionnaires

Actionnaires

Une société indienne peut compter :

  • Des actionnaires individuels
  • Des actionnaires personnes morales (y compris des sociétés étrangères)
  • Une combinaison des deux

Cela fait de l’Inde une destination adaptée aussi bien aux investissements directs de sociétés mères européennes qu’aux structures de coentreprise.

Exigence d’un administrateur résident

Toute société indienne doit nommer au moins un administrateur résident.

Qu’est-ce qu’un administrateur résident ?

Un administrateur résident est une personne qui :

  • A séjourné en Inde pendant au moins 182 jours au cours de l’exercice financier

Pour les sociétés nouvellement constituées, cette exigence est appliquée au prorata jusqu’à la fin de l’exercice financier.

Exigence de nationalité

L’administrateur résident :

  • N’a pas besoin d’être de nationalité indienne
  • Peut être un ressortissant étranger ou un Indien non-résident (NRI), à condition que la condition de résidence soit remplie

Cette flexibilité est particulièrement pertinente pour les entreprises européennes qui déplacent du personnel de direction vers l’Inde.

Étape 6 : déposer les documents de constitution

Une fois les éléments ci-dessus réunis, les documents de constitution sont soumis au registraire des sociétés indien (Registrar of Companies).

Délai type

  • Approbation du nom : 5 à 7 jours ouvrés après le dépôt
  • Certificat de constitution : environ 1 à 2 semaines après le dépôt des documents de constitution

Une fois approuvée, la société est légalement constituée et reçoit son certificat de constitution.

Étape 7 : ouvrir un compte bancaire et déposer le capital social

Après la constitution :

  • La société doit ouvrir un compte bancaire à son propre nom
  • Le capital social libéré doit être déposé sur ce compte

Démarrage de l’activité

L’activité commerciale ne peut débuter qu’une fois :

  • Le capital social a été reçu sur le compte bancaire de la société

Il s’agit d’une étape de conformité obligatoire en vertu du droit indien des sociétés.

Étape 8 : se préparer à la conformité continue

Si la constitution représente une étape majeure, les sociétés indiennes sont soumises à une conformité réglementaire continue, notamment :

  • Les déclarations annuelles auprès du registraire des sociétés
  • Les immatriculations et déclarations fiscales
  • Les exigences de gouvernance d’entreprise

Pour les entreprises européennes, faire appel dès le départ à des conseillers locaux permet d’assurer une conformité durable et un fonctionnement sans accroc.