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Fiscalité

3 leçons tirées de l'échec de la coentreprise de McDonald's en Inde

McDonald’s a rapidement grandi jusqu’à atteindre 430 établissements en Inde après son entrée sur le marché via deux coentreprises réussies. Mais quelques années plus tard, l’un de ces partenaires de coentreprise a contraint McDonald’s à fermer 169 établissements. Qu’est-ce qui a mal tourné ? Trois leçons tirées de l’expérience de coentreprise de McDonald’s en Inde.

 

La coentreprise de McDonald’s en Inde : une réussite initiale

Pendant des années, McDonald’s a été une réussite en Inde. Un exploit remarquable, car qui aurait pensé que la chaîne de restauration rapide américaine parviendrait à s’implanter en Inde ? Vendre des Big Mac dans un pays où consommer du bœuf est inacceptable pour des raisons religieuses, et même interdit dans de nombreux États ? Un grand défi. Mais McDonald’s l’a relevé.

Les Américains ont développé un menu entièrement indien avec le McSpicy Paneer (fromage indien), l’Aloo Tikki Burger (burger à base de pommes de terre et de petits pois) et le Chicken Maharaja Mac. Mais ces produits spécialement adaptés n’ont pas été le seul défi que l’entreprise a dû surmonter sur le marché indien.

À la fin des années 1990, manger à l’extérieur était un luxe pour les Indiens : sur les cent repas qu’un Indien prenait en un mois, seuls trois étaient pris hors de chez soi. La majorité de ces repas étaient achetés dans des échoppes de rue, et non dans des restaurants. Pour attirer les Indiens chez McDonald’s, les Américains devaient rivaliser avec ces échoppes de rue.

La seule façon d’y parvenir était de proposer des prix extrêmement compétitifs (comprenez : des marges extrêmement faibles). Le prix de lancement de l’Aloo Tikki Burger était à l’époque de ₹30 (30 centimes d’euro), il est aujourd’hui de ₹72 (72 centimes d’euro). Cette approche a fonctionné : McDonald’s compte plus de 320 millions de clients par an dans les 430 établissements construits depuis 1996.

Problèmes avec le partenaire de coentreprise indien

McDonald’s devait cette croissance rapide en grande partie à ses deux partenaires de coentreprise. Les Américains avaient divisé l’Inde en deux régions : un partenaire de coentreprise pour le nord et l’est de cet immense pays, et un partenaire pour le sud et l’ouest. Mais les problèmes avec le partenaire du nord ont commencé peu après le lancement de la coentreprise.

Des problèmes d’hygiène sont apparus dans les restaurants, ainsi que des plaintes concernant la qualité des repas. Selon les Américains, cela était dû à une mauvaise gestion et à des irrégularités financières. McDonald’s a donc voulu racheter son partenaire indien, mais les parties n’ont pas réussi à s’entendre sur un prix.

La chaîne de restauration rapide s’est ensuite retrouvée entraînée dans deux procès : l’un à Delhi et l’autre à Londres, ce qui a fait dégénérer le conflit, et les Américains ont dû fermer 169 établissements en Inde, dont 43 restaurants McDonald’s dans la capitale New Delhi. Plus de 10 000 emplois ont été perdus. Le conflit n’a pas seulement entraîné d’énormes dommages financiers, mais aussi une atteinte à la réputation de l’entreprise.

3 leçons tirées des problèmes de coentreprise de McDonald’s en Inde

Comment les choses ont-elles pu si mal tourner pour McDonald’s en Inde ? Et que peuvent apprendre les entreprises étrangères envisageant une coentreprise en Inde des problèmes rencontrés par les Américains ? Après tout, la coentreprise est la stratégie d’entrée sur le marché la plus populaire en Inde. Ce qui est logique : une JV avec un partenaire indien fiable renforce la crédibilité de l’entreprise étrangère sur le marché indien, garantit un réseau solide et réduit les difficultés bureaucratiques. Mais une coentreprise n’est pas sans risque, comme le montre l’exemple de McDonald’s. Alors, que pouvons-nous apprendre de leurs erreurs ?

1. Prenez le temps de trouver un partenaire

Les entreprises indiennes affectionnent les coentreprises. Une coentreprise leur offre de belles opportunités : collaborer avec un acteur étranger réputé renforce leur statut et offre des perspectives de croissance intéressantes. Les entreprises ont donc tout intérêt à prendre leur temps pour sélectionner un partenaire indien et à effectuer une due diligence approfondie sur les partenaires potentiels.

  • Réfléchissez soigneusement aux critères que devrait idéalement remplir un partenaire de coentreprise (connaissances, culture d’entreprise, taille, région, expérience avec d’autres parties étrangères, etc.).
  • Sachez également que le choix d’un partenaire signifie souvent que vous excluez toute collaboration avec un autre partenaire.
  • Soyez donc conscient des choix que vous faites et rassemblez des informations provenant de différentes sources pour avoir une bonne vision de votre nouveau partenaire.
  • Renseignez-vous sur le sérieux de la partie indienne et sur qui prend réellement les décisions, surtout si le partenaire est une entreprise familiale indienne.

2. Faites-vous aider par des experts locaux pour un contrat solide

Un accord de coentreprise doit préciser comment les décisions sont prises, quelle est la procédure en cas de séparation future, et où seront réglés les éventuels litiges juridiques. Investissez dans un bon avocat indien pour bien comprendre la législation indienne relative aux coentreprises et à la protection de votre propriété intellectuelle.

Sachez que vous pouvez limiter vos risques en lançant plusieurs JV dans différents États. Ainsi, vous bénéficiez des connaissances locales et du réseau que possèdent ces partenaires dans ces États. N’oubliez pas non plus que les parts d’une coentreprise ne doivent pas nécessairement être réparties à 50/50.

3. Une collaboration temporaire pour atteindre un objectif commun

Une coentreprise est un excellent moyen d’entrer sur le marché indien, mais une JV fonctionne rarement comme une construction permanente. La raison est simple : après quatre ou cinq ans, les intérêts du partenaire indien et du partenaire étranger divergent. À cet égard, la coentreprise de McDonald’s a duré longtemps avant que les choses ne tournent mal.

Au début de la collaboration, il est recommandé de se mettre d’accord sur les pouvoirs décisionnels, des objectifs concrets et une feuille de route commune. En outre, précisez d’emblée que la collaboration est temporaire et définissez une stratégie de sortie pour le moment où les objectifs des deux parties auront été atteints. Le scénario le plus courant : la partie étrangère rachète la partie indienne et poursuit son activité en tant que filiale détenue à 100 % en Inde.

Notre équipe juridique d’experts locaux est prête à répondre à vos questions ou à vous accompagner dans la mise en place d’une coentreprise en Inde. N’hésitez pas à nous contacter sans engagement.